Toaster le film

TOASTER, c’est avant tout de l’humour noir, un prétexte pour se moquer (une énième fois ?) du malheur des autres. Mais pas n’importe quel malheur. Il est toujours aisé, sans savoir forcément bien le reproduire, de se moquer du moindre péquin qui glisse dans la rue et se fait mal en tombant sur son coccyx. Là il s’agit d’un vrai drame, celui sur lequel j’ai souhaité aborder plusieurs questionnements : l’enfer est-il toujours pavé de bonnes intentions ? Une certaine éducation ne nous enferme-t-elle pas dans des schémas qui finissent par nous emprisonner ? Que devient cette générosité mal placée chez des personnes incapable de la recevoir ? Qu’en est-il du vrai respect que tout homme se doit de donner à la femme qu’il a en face de lui et qui porte, sans doute encore aujourd’hui, le poids de la vie familiale et de sa propre vie active (stress de la profession exercée et qui trouve son prolongement dans la vie conjugale, la vie parentale, la vie quotidienne, etc.) ?
Ceci dit, il était hors de question de tomber dans le féminisme bête et méchant. Le rôle tenu avec brio par Solène Cerutti, nous montre les faiblesses d’une femme dont il est difficile, en tant que spectateur actuel, d’accepter les choix et la soumission dans laquelle elle se complaît par abnégation et loyauté, sans doute. Combien de femmes ne m’ont pas dit en regardant ce court-métrage : »j’aurais été elle je me serais barrée ! » ou encore d’autre réactions plus violentes que je tairai ici.
Alors pourquoi mettre en avant un cas de « vieille école » ? Eh bien pourquoi ne pas rendre hommage à toutes ces personnes qui font plaisir sans compter ? et pourquoi ne pas leur dire par la même occasion : »arrêtez de vous faire tondre la laine sur le dos » / « trop bon, trop con » ? Il fallait en face de Solène ces deux monstres (Romain Bressy – le père et Jean-Baptiste Bornier – le fils) pour mettre parfaitement en exergue ces deux adages.
Ces quelques pistes lancées, je vous laisse à présent déguster TOASTER !

Un grand Merci à Kor Wentemn des FasCinés Production avec qui je me suis amusé comme un petit fou (notamment sur le sadisme de l’histoire largement partagée et sur l’ensemble de sa précieuse aide). Merci aux acteurs Solène Cerutti, Romain Bressy et Jean-Baptiste Bornier de s’être prêté au jeu, à Damien Crétinon au son, Julie de Matteis au maquillage, Mathilde Dhont au coaching/chouchouting de mes acteurs, Aude Charollais en tant qu’assistante/scripte du tonnerre, Quentin Ripoll à la musique (trouverez-vous la musique classique dont il a fait la reprise – thème général du film) ? Et à mes proches pour leur soutient !

Benoit Bornier